• Utilisation pour les aplats de bâtons de pastel sec, de différentes duretés, que des essais permettent de déterminer en fonction de la « sensibilité » du support, et de crayons pastel pour les détails.

  • Support au goût de RDL de forte adhérence, comme le pastelcard, recouvert de liège pulvérulent. Le risque afférent tient à la projection de gouttelettes (postillons par exemple), auquel cas il faut, de préférence sans tarder et surtout sans y toucher, sécher l’impact avec un sèche-cheveu sous peine de voir les particules de liège disparaître (on peut y remédier, difficilement, par l’application au couteau, délicate, de pastel gras qui recrée une « accroche ») : le masque est une bonne protection des œuvres des « bavards ».

  • Coller ce pastelcard, avant tout travail au pastel, sur un support rigide (carton exempt d’acide de 3 mm ou carton mousse de 5 mm par exemple), avec une colle non-acide, de bonne qualité, approche qui évitera qu'en cas d'environnement à fort taux d'hygrométrie, le tableau se gondole et touche la vitre de protection.

  • Pour éviter tout contact intempestif avec le pastel lors de sa réalisation, reposer le poignet de la main qui tient le pastel sur un bâton posé sur un support ad hoc (par exemple un serre joint, fixé latéralement à l’ensemble pastelcard-carton support), et tenu par la main libre.

  • Avant de commencer la mise en place du pastel, il ne faut pas oublier de délimiter l’emplacement du passe-partout qui sera utilisé lors de l’encadrement de l’œuvre achevée. Pour des raisons de justes dépenses, mieux vaut choisir pour son support des formats normalisés : les cadres afférents seront meilleurs marchés que des cadres sur mesure. Ceci étant, si le peintre connait une filière pour acheter des baguettes d’encadrement, il pourra créer lui-même des cadres à ses mesures, et les personnaliser à sa guise.

  • La mise en place, dans les approches réalistes, est primordiale, plus encore s’il s’agit de portraits d’humains ou d’animaux. Les plus doués sont à même de mises en place d'excellence à main levée. Pour les autres, RDL suggère la méthode des carrés (... qui peut être méthode des rectangles !), et en donne les principes au chapitre de ses recommandations au peintre autodidacte.

  • Selon RDL, la réussite du rendu d'un portrait réside dans la fidélité des regards. Lors du tracé de l’esquisse, il convient d’utiliser un crayon d’une teinte voisine de la zone en cours de description. Les proportions peuvent naturellement être prises à main levée, quand il s’agit de reproduire paysages en plein air ou statues. S’il s’agit de reproduire une image, la méthode des carrés permet à la fois gain de temps et plus grandes précision et fidélité. En cas de reprise du tracé, il est préférable d’user d’une gomme « malléable », en tapotant la zone à dégarnir de pigments, en évitant avant tout de frotter, ce qui pourrait arracher les particules qui assurent l’adhérence.

  • Lorsque le peintre représente des scènes où figurent des objets, des volumes en trois dimensions à représenter en deux dimensions, en suggérant volume et profondeur, le réalisme repose sur sa capacité à maîtriser les règles de la perspective. Ces règles semblent avoir émergé au XVème siècle. Il se doit au XXIème siècle d'en maîtriser les rudiments. RDL, dans ses suggestions aux autodidactes, fournit quelques approches élémentaires.

  • Le rendu au pastel tient à la « cohabitation » des pigments. Il convient donc de ne pas charger trop le support, particulièrement avec les bâtons tendres comme ceux des marques Artisan Pastellier, Blockx, Schmincke, ou Sennelier : cela le saturerait et rendrait les apports successifs plus délicats, moins efficaces. Des passes légères successives, et estompées, évitent la saturation et permettent la multiplication des teintes accolées qui finit par assurer l’approche la plus fidèle du modèle. En cas de surcharge excessive, l’excès de pastel peut-être atténué à l’aide d’un pinceau de maquillage aux poils très doux.

  • L’estompe est une aide précieuse, la méthode la plus pratique s’avérant l’estompe au doigt. Elle assure des dégradés subtils. En ce sens et dans la recherche des effets de « sfumato » si chers à Léonard de VINCI, il convient de nettoyer fréquemment ses doigts avec une serviette ou sur une éponge très légèrement humide pour les décharger des pigments.

  • Pour ce qui est du modèle, s’il est photographie, il est plus judicieux de le tirer sur papier mat (moins de reflets parasites dans l’ambiance de l’atelier), et de le coller lui aussi sur un support rigide.

  • RDL ne travaille jamais à plat : cette position amène une concentration des pigments sur le support. Il fixe son papier sur un chevalet incliné, dont la hauteur peut-être réglée. Cela impose de commencer par travailler avant tout les parties hautes, et de descendre progressivement. Les pigments qui vont inévitablement glisser de haut en bas,  soumis comme tout corps à ... la loi universelle de la gravitation formulée par Isaac NEWTON, ne viennent ainsi pas polluer une partie déjà finement traitée. Cette considération vaut beaucoup moins pour les finitions qui, au sens de RDL, se font par touches légères. Mais rien n’interdit de faire tourner le support, et … le modèle, si cela permet de répondre au mieux à cet impératif.

  • Le travail débute par les plans les plus lointains, avant d’aborder progressivement les plans rapprochés.

  • Maurice QUENTIN de LA TOUR, ayant emporté dans la tombe sa méthode de fixation du pastel, il vaut mieux protéger les pastels par un « paquet » protecteur « étanche » (contre l’humidité ravageuse), dont la description suit, plutôt que de les fixer, les fixatifs contemporains ternissant, affadissant les couleurs. La méthode que nous préconisons n'est toutefois pas d'une protection absolue contre les atmosphères humides.